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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 17:20
conteuse.jpgAvant l'invention de l'écriture, on utilisait le mot orature, terme qui a été remis à l'honneur par Rémy Dor et Claude Hagège. Il est aussi d'usage dans les pays anglosaxons.
On entend par orature l’ensemble des genres dont le mode d’expression est la voix, et qui s’entrepose dans la mémoire, à la fois des narrateurs et des auditeurs. Elle sollicite principalement l’ouïe, le sens global, celui de l’invisible.


Christian Montelle [http://www.meirieu.com/ECHANGES/Oral%20et%20langue.pdf] nous enseigne que  : Le terme de "littérature orale" est un oxymore, une tournure de style qui dit quelque chose et son contraire : cette obscure clarté qui tombe des étoiles. Littérature vient du latin : littera, « lettre », puis litteratura, « écriture », « grammaire », « culture ». La lettre relève à l'évidence de l'écrit, comme le phonème relève de l'oral.

Il me précise, dans un courriel : le distingo entre "orature" et "parole ordinaire ou aliénante" est important pour le conteur. La confusion est totale en ce domaine.
L'orature (adjectif : orataire) est un élément de parole élaboré : un "texte" d'orature (même réduit à une syllabe) a fait l'objet d'une manipulation discursive. On distinguera donc soigneusement ce qui est "oralisé" de ce qui est "vocalisé" : l'orature ne relève pas du style parlé, mais d'un registre formalisé.
À la suture des domaines de l'orature et de la littérature, on inscrira
  • une "orature littéraire" (prolongements écrits de textes oraux),
  • de même qu'une "littérature orale"(textes écrits conçus pour être dits)
  • et une littérature oralisée (textes littéraires qui sont donnés oralement).


Orature et littérature ne se contentent pas de figurer le monde, elles veulent le refigurer. C’est-à-dire qu’elles ont des visées esthétiques et éthiques, au contraire des textes dont l’objectif est la seule information/communication ou l’aliénation d’autrui.
Roberte Langlois a soutenu une thèse, notamment  à partir des travaux de Christian Montelle : "Oralité et éducation : histoire d’une domination" ; on peut en lire un aperçu de 9 pages par là : http://www.congresintaref.org/actes_pdf/AREF2007_Roberte_LANGLOIS_064.pdf

Bibliographie : La Parole contre l’échec scolaire, (La haute langue orale), Christian Montelle, L’Harmattan, Paris, 2005

Pour compléter, on peut aussi se reporter au riche article de Jean-Loïc Le Quellec : "Oralité / auralité" [La Mandragore - Revue des Littératures Orales – N°6, 2000, p. 149]

_________________________


On croit généralement que c'est Paul Sébillot qui utilisa le premier l'expression "littérature orale" en 1881 lorsqu'il fonda avec Charles Leclerc, associé de Maisonneuve, la collection des Littératures populaires de toutes les nations, dans laquelle il a notamment publié : La littérature orale de la Haute-Bretagne.
Il y eut
en réalité plusieurs précédents, comme me l'a précisé Fanch Postic [
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fa%C3%B1ch_Postic ], notamment :

  • dès 1834 : Alexandre Moreau de Jonnès, dans Statistique de l'Espagne, p.304
  • 1850 : princesse Aurélie Ghica, La Valachie moderne, p.218
  • 1855 : Frédéric de Rougemont, Le peuple primitif, son histoire et sa civilisation, p.21
  • 1858 : George Sand emploie l'expression, sans doute en référence aux chants du Barzaz-Breiz, le recueil de Théodore Hersart de la Villemarqué qu'elle a découvert quelques années plus tôt et dont elle a fait un éloge dithyrambique
  • 1869 : François-Marie Luzel, la reprend dans un article « Contes et Récits populaires des Bretons Armoricains », publié dans la Revue de Bretagne et de Vendée, t.XXV, 1869, p.103-108.].

Fanch Postic a également noté que Luzel divisait l’expression

en « poésie, qui comprend les chants populaires de toute nature »

et en « prose, qui comprend les contes, les récits, les superstitions »,

proposant une classification des genres qui n’est en définitive pas si éloignée de celle qui est encore généralement encore en usage.

Accéder au moteur de recherche interne du site officiel de Jean-Pierre MATHIAS (contes bretons et d'ailleurs !)

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